Chroniques de Steven·Classique

Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy

Note : ★★★★★ — Coup de ♥ — « Finalement et comme avec Tess, Thomas Hardy conte avec douceur et délicatesse un roman poignant et percutant à lire qui s’est révélé être un coup de coeur. J’apprécie ce paradoxe propre à l’auteur et je ne peux que vous recommander de le découvrir afin d’en apprécier toute sa grandeur. »


Son amour était aussi entier que celui d’un enfant et, quoique chaud comme l’été, il avait la fraîcheur du printemps.

Résumé :

Jeune femme d’une grande beauté et au caractère impétueux, Batsheba Everdene hérite à vingt ans d’un beau domaine, qu’elle dirige seule. Quand un incendie se déclare dans sa propriété, un ancien soupirant ayant connu des revers de fortune, Gabriel Oak, apporte une aide précieuse pour sauver ses récoltes. Elle lui procure un emploi parmi ses gens, mais devient l’élue de deux autres prétendants, bien décidés l’un et l’autre à obtenir sa main. Oak s’avérera quant à lui d’une étonnante fidélité…

Chronique :

Lorsque je pense à Thomas Hardy, je pense à ma lecture de Tess et au souvenir d’une plume très douce et poétique. J’avais donc très hâte de me lancer dans un autre de ces très célèbres romans et je dois dire que celui-ci m’a plus que charmé et touché. A tel point que ce roman est un véritable coup de coeur.

C’est simple, l’auteur a su m’ébranler d’une manière remarquable grâce à son style mélancolique et poétique. Il est indéniable que ce dernier sait et aime jouer avec les mots et que sa plume raisonne au plus profond de moi. Sans détenir un style alambiqué et avec simplicité, Thomas Hardy m’a fait vibrer et m’a fait sentir vivant au travers son histoire belle et douce à la fois et pourtant au destin bien sombre. C’est une subtilité et un paradoxe que j’avais déjà remarqué précédemment mais c’est incroyable à quel point c’est une fois de plus très réussi. A travers ses romans d’amour et sa plume délicate, il parvient à déterrer la noirceur de ses protagonistes et les mets à nus sans difficulté. Ce qui lui permet d’offrir un récit des plus dramatique et poignant à lire. De plus sans user ni abuser de descriptions, Thomas Hardy ponctue son roman avec parcimonie de représentations que j’ai à nouveau pris plaisir à lire. Grace à cela, j’ai pu voyager dans cette Angleterre d’antan que j’affectionne particulièrement. J’ai aimé voguer dans cette campagne paisible et ses différents lieux que je n’ai eu aucune peine à visualiser.

Bien évidement, je n’aurais pu vibrer comme je l’ai fait sans mon attachement envers les personnages présentés par l’auteur. Comme à son habitude, c’est une complexe et variée palette qui nous est présentée. A commencer par Bathsheba notre héroïne avec un grand H. Cette jeune femme, bien loin de la délicate et la douce Tess, est parvenue à ma charmer par sa force de caractère et ses convictions. Cette dernière ne laissera personne lui dicter sa conduite et derrière sa vanité se cache une très grande assurance qui n’a cessé de m’épater. En effet, au fil des chapitres Bathsheba verra sa détermination bafouée et remise en question par l’amour qu’elle porte à un certain soldat. Son évolution n’en est alors que conséquente et plus d’une fois j’ai ressenti de l’empathie envers ce personnage.
Néanmoins, je dois admettre que le personnage que j’ai le plus aimé découvrir reste Gabriel Oak. Ce personnage a fait en écho en moi pour sa loyauté et son sens de l’honneur. Bien souvent malmené par notre héroïne et la plume de Thomas Hardy, il n’a cessé de me surprendre par sa grandeur d’âme et son altruisme inébranlable.
De plus, beaucoup d’autres personnages sont présentés par ce dernier et chacun m’a émerveillé par leur complexité et leur profondeur. Par conséquent et malgré la noirceur de certains, je ne suis pas parvenu à les détester tellement ils m’ont semblé humains au possible. Mention spéciale au Sergent Troy et son histoire.

Finalement et comme avec Tess, Thomas Hardy conte avec douceur et délicatesse un roman poignant et percutant à lire qui s’est révélé être un coup de coeur. J’apprécie ce paradoxe propre à l’auteur et je ne peux que vous recommander de le découvrir afin d’en apprécier toute sa grandeur.

13 commentaires sur “Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy

  1. J’avais bien aimé Tess d’Ubervilles mais ça avait parfois été compliqué, je trouvais le temps long. J’ai donc un peu peur de retourner vers l’auteur, je ne m’étais même pas renseigné pour savoir s’il avait écrit d’autres romans.

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    1. Honnêtement j’apprécie fortement les deux romans de l’auteur, mais celui-ci me parait beaucoup plus accessible et optimiste qu’a pu être pour toi Tess. Je suis certain qu’il saura te toucher au plus profond de ton être et raisonner en toi 😉

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  2. Vendu ! Ce que tu dis de la plume de l’auteur me fait rêver parce que les plumes fortes, belles, élégantes, accessibles et poétiques, c’est ma grande faiblesse. Or, c’est assez rare de trouver autant de qualités chez un seul auteur…

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    1. Oh quelle pression tu me mets d’un coup !
      En vérité, Thomas Hardy est une des plus belles plumes que j’ai pu lire, elle fait écho à chaque fois. C’est incroyable le paradoxe entre la noirceur de ces romans et la douceur de sa son style. J’avais déjà remarquer ça avec Tess que j’ai hâte de relire, tout comme j’ai hâte de découvrir ses autres œuvres présentes dans la collection.

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    1. Ah oui ? Que n’as tu pas apprécié dans Tess ? Car même si l’histoire est différente le travail de l’auteur reste sensiblement le même. Personnellement, j’apprécie fortement les deux ouvrages même si j’ai préféré celui-ci.

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      1. Je pense que globalement, c’était le manque d’action… même si très souvent dans les romans classiques, il y en a relativement peu mais dans Tess, ça m’ennuyait carrément ! Et puis, je ne parvenais pas bien à vouloir où l’auteur voulait en venir, ni à me prendre d’intérêt ou d’affection pour les personnages et leur histoire … Je retenterai quand même l’expérience, sait-on jamais 🙂

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      2. Effectivement le rythme est propre au genre. Malheureusement je peux comprendre, ne pas réussir à comprendre ni à s’attacher aux personnages n’aident absolument pas à apprécier une lecture. J’espère qu’un jour tu lui laisseras sa chance car ce roman est à l’opposé de Tess dans son fond et dans sa forme.

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      3. Oui voilà, je souhaite malgré tout lui laisser une seconde chance dans le futur, car ça peut arriver de ne pas parvenir à accrocher avec un livre et de l’autre côté adorer un autre roman du même auteur 🙂

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