Chroniques de Steven·Contemporaine

Veronika décide de mourir de Paulo Coelho

Note : ★★★★☆ — « Sans pour autant être autant initiatique qu’a pu l’être L’alchimiste pour certains, Paulo Coelho offre un roman qui donne matière à réflexion sur notre manière de vivre et avant tout sur celle de voir la vie. Finalement est-ce donc une bénédiction ou malédiction d’être vivant ? »


« Je veux rester folle, vivre ma vie comme je la rêve, et non de la manière imposée par les autres. »

Résumé :
Veronika est jeune et jolie. Elle a un travail, des amis. Une vie apparemment satisfaisante. Pourtant, elle n’est pas heureuse. Le 21 novembre 1997, elle décide de mourir.
Son suicide raté la conduit dans un hôpital psychiatrique. Là, à côté de malades mentaux, elle découvre une population qui ne semble chercher qu’un abri contre la réalité, ou une fuite hors de la routine…
Une nouvelle initiation va commencer pour elle. Elle comprendra que nous avons le choix de vivre ou de renoncer, que nous pouvons donner un sens à notre vie, qu’il faut pour cela retrouver notre Moi véritable. Et même notre part de folie…

Chronique :
Après avoir fait la connaissance de Paulo Coelho avec son roman L’alchimiste dont je suis ressorti assez mitigé, il m’a été conseillé de retenter l’aventure avec celui-ci beaucoup moins philosophique et au message bien plus abordable, ce que je ne peux qu’approuver.

Avec ce très court roman, l’auteur est parvenu à m’accrocher dès les premières pages. En effet, les premières chapitres sont forts et assez durs à lire mais décrivent avec réalisme et justesse le sujet du suicide. J’ai trouvé touchante cette manière d’amener ce thème assez difficile à évoquer et j’ai pu ressentir tout l’espoir que peut apporter ce dernier acte auprès de certaines personnes. Suite à sa tentative de suicide avortée, Veronika, notre héroïne se voit interner et ce sont les parties que j’ai le plus apprécié. En tant que soignant, tout ce qui concerne le domaine médical et paramédical me parle totalement et j’ai pris plaisir à redécouvrir à travers les yeux de cette dernière les anciens traitements psychiatriques que pouvaient subir les patients.
D’autant plus que pendant son hospitalisation, cette dernière fera la connaissance de quelques autres patients et découvrir leur parcours de soin m’a totalement plu. Souffrant tous de maux encore nouveaux pour l’époque comme les crises de paniques ou la schizophrénie par exemples, ce fut parfois choquant et révoltant de voir comment ils pouvaient être traités et incompris de la société. En ce sens, il me semble que cette lecture reste intemporelle car selon certaines études une personne sur deux risque de souffrir de troubles psychiatriques dans le futur et donc de subir des mêmes jugements et incompréhensions que les différents personnages peuplant ce roman. C’est pourquoi je me suis très facilement attaché à chacun et que j’ai ressenti énormément d’empathie.

Cet attachement provient avant tout du style de Paulo Coelho. J’ai été surpris de véritablement l’apprécier et de le suivre avec autant d’intérêt. Il est vrai que lors de ma précédente lecture j’avais apprécié sa poésie mais elle n’était pas parvenue à me toucher autant que j’aurais voulu l’être. C’est tout l’inverse ici et avec de simples mots, l’auteur m’a fait ressentir beaucoup d’émotions fortes et m’a fait réfléchir sur ce qu’était réellement la vie sur terre et à quoi aspire chaque être vivant. C’est un réel travail d’introspection que j’ai réalisé inconsciemment et j’ai vraiment été étonné de ce résultat. De plus, ce dernier parvient à dresser une véritable critique de la société que j’ai trouvé criante de vérité encore actuellement. J’insiste mais nous avons encore à faire beaucoup de travail et d’efforts en ce qui concerne la santé mentale de l’être humain. Surtout que lui-même a souffert de placements régulier en asiles du fait de son attrait pour l’écriture et l’art. Ainsi, ces quelques parties autobiographiques ont rendu encore plus constructif son travail.

Sans pour autant être autant initiatique qu’a pu l’être L’alchimiste pour certains, Paulo Coelho offre un roman qui donne matière à réflexion sur notre manière de vivre et avant tout sur celle de voir la vie. Finalement est-ce donc une bénédiction ou malédiction d’être vivant ?

8 commentaires sur “Veronika décide de mourir de Paulo Coelho

    1. Comme toi je n’avais pas été totalement réceptif à sa plume et aux messages diffusés par L’Alchimiste et j’ai très largement préféré celui-ci.

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  1. J’aime beaucoup les romans évoquant les troubles psychiatriques et permettant de juger du progrès que l’on a pu faire en matière de traitements psychiatriques, même si ce n’est pas encore parfait…

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