Classique

La Bienfaitrice d’Elizabeth Von Arnim

Note : ★★★★☆ — « Ma première rencontre avec Elizabeth Von Arnim est couronnée d’un véritable succès. J’ai adoré découvrir son fin style parfaitement maîtrisé, fortement actuel et moderne, à l’image de son héroïne fière et indépendante, largement en avance sur son temps. »

Résumé :

Anna Estcourt, vingt-cinq ans, emménage dans une petite propriété du Nord de l’Allemagne dont elle hérite à la mort de son oncle. Jolie, intelligente mais sans fortune, elle a grandi jusque-là avec son frère, sous la coupe de la femme de celui-ci, Susie.
Désormais en possession d’un revenu confortable, elle contrevient aux convenances de l’époque en ne se mariant pas, afin de conserver son indépendance. Mieux, elle propose généreusement un toit aux dames en détresse de sa nouvelle contrée, afin que celles-ci puissent faire de même – altruisme dont elle ne tardera pas à peser les inconvénients…
D’autant qu’Axel Lohm, un gentleman de la région que son oncle espérait lui voir épouser, est tombé amoureux d’elle. Il va tenter de la faire changer d’avis…

Chronique :

C’est en parcourant la toile que je suis tombé sur le nom d’Elizabeth Von Arnim qui m’était totalement inconnu et semblait assez peu populaire. Pourtant, cette auteure m’a très vite attiré pour les éloges que j’ai pu lire de ses écrits et bien que moins connu semble-t-il qu’Avril Enchanté, le résumé de La Bienfaitrice m’a de suite interpelé grâce à son héroïne qui se devinait moderne et indépendante.

Il est indéniable que ces promesses sont belles et bien tenues et que le personnage principal dévoilé reste la grande force de ce récit. En effet, Anna se démontre bien différente de ses consœurs et prône fièrement sa singularité. Ainsi, cette dernière trop peu romantique préfère largement se définir comme une jeune femme libre et indépendante, un poil philosophique et fière de l’être. C’est pourquoi, lorsque celle-ci hérite d’un domaine en Allemagne ainsi qu’une importante rente financière rêvera d’émancipation plutôt que de mariages. J’ai vraiment été séduit par ces attraits qui font de ce protagoniste un personnage en avance sur son temps et totalement actuel et moderne. D’autant plus que malgré ses grandes convictions et cette différence Anna ne cessera de faire preuve d’altruisme envers ses compères et mettra à profit cette liberté durement acquise en venant en aide à nombreuses femmes en détresses. Malgré toute sa bonté et sa bienveillance notre héroïne se fera bien souvent dupée et malmenée dans cette société où l’hypocrisie et les différences sociales sont de mises. J’admets que même si cela accentue le côté attachant et empathique de sa personne, je l’ai trouvée par moments bien trop naïve et crédule. Fort heureusement, Anna ne manque pas pour autant de caractère, ce que j’ai beaucoup apprécié. de plus et malgré ses vœux de célibats, notre jeune gentleman Axel se trouvera vite charmé par cette dernière et mettra tout en œuvre afin de lui faire baisser sa garde. J’ai beaucoup aimé ce personnage qui permet à Elizabeth Von Arnim d’offrir un brin de romance à son roman satirique.

En effet, La Bienfaitrice est une très nette et juste critique de la société dans laquelle évolue notre héroïne aussi que son auteure. Ce récit sans pour autant être totalement autobiographique semble s’inspirer de manière conséquente de la vie tourmentée d’Elizabeth Von Arnim. Cette inspiration personnelle lui permet d’offrir un récit attrayant et assez touchant, à la dimension humaine impressionnante. D’une fine plume parfaitement maitrisée et remplie de poésie, cette dernière offre une œuvre qui se lit avec facilité et qui se vit avec intérêt. D’autant plus que cette dernière ne manque nullement de cynisme et le retranscrit à merveille grâce aux nombreuses femmes qui peuplent ce roman. Mise à part notre héroïne aucune ne semble faite de bons caractères et chacune entache encore plus l’image que se faisaient les hommes de l’époque à leur propos. Pour autant et à l’image d’Anna, le style d’Elizabeth Von Arnim se veut lui aussi moderne et actuel. Ainsi nulle chinoiserie n’est venue compliquer ma lecture exceptés les thermes et le vocabulaire allemands spécifiques à cette œuvre. Bien entendu, ce choix de ne pas traduire certaines parties permet de mettre en avant le choc des cultures entres ces deux pays dépeint avec réalisme par l’auteure. Quel plaisir de découvrir de nouvelles coutumes et autres modes de vie que ceux déjà bien connus des classiques anglais. Sans pour autant être totalement différents, cette comparaison et cette nouvelle contrée permettent à l’auteure d’apporter une œuvre rafraîchissante.

En conclusion, ma première rencontre avec Elizabeth Von Arnim est couronnée d’un véritable succès. J’ai adoré découvrir son fin style parfaitement maîtrisé, fortement actuel et moderne, à l’image de son héroïne fière et indépendante, largement en avance sur son temps.

8 commentaires sur “La Bienfaitrice d’Elizabeth Von Arnim

  1. Je ne connais ni le roman ni l’autrice, tu me fais toujours découvrir pleins de titres qui m’étaient alors inconnus, c’est sympa ^^
    L’héroïne en avance sur son temps me donne bien envie de le lire.

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    1. Malheureusement Elizabeth von Arnim souffre de ce manque de popularité pourtant les deux œuvres que j’ai découvert jusqu’à présent sont vraiment très réussies et méritèrent totalement leurs places de classique.

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  2. Et hop ! Encore un roman dans la wishlist. Je viens tout juste d’acheter son roman Elizabeth et son jardin allemand. J’ai hâte. J’ai bien avancé dans la lecture de A la lumière des étoiles. Pour l’instant, je suis assez mitigée. Je n’arrive pas trop à m’attacher au personnel masculin Swithin.

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    1. Oh comme quoi les hasards de la vie font souvent bien les choses. Tu auras l’occasion de découvrir deux œuvres de cette auteure que je ne suis pas prêt de quitter non plus 😉
      Elizabeth et son jardin allemand est quant à lui totalement autobiographique et m’intéresse fortement même si je pense me procurer avant Avril Enchanté qui semble avoir fait le succès de cette dernière.

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  3. Je ne connaissais pas du tout ce roman, mais l’héroïne que tu nous décris, en avance sur son temps et altruiste, est typiquement du genre à me faire aimer un roman. Quant à une bonne critique sociétale, je ne dis jamais non, quelle que soit l’époque concernée 🙂

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    1. Je te rassure, je ne connaissais ni ce roman et encore moins l’auteure qui semble avoir eu son succès avec Avril Enchanté. Malgré ce manque de popularité, sa plume est toute aussi charmante que celle des autres grands auteurs du genre et je ne peux que te recommander sa découverte. C’est vraiment écrit avec finesse et modernité pour un rendu rafraichissant !

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