Classique

Sous la Verte Feuillée de Thomas Hardy

Note : ★★★★★ — « Ainsi et tout en tonalité, le récit de Thomas Hardy ne cesse d’évoluer au rythme de la vie et de ses saisons et se dévoile être une véritable ode à la campagne et à l’amour. Une fois de plus, ce dernier m’a aisément transporté dans son univers et a fait naître en moi d’incroyables émotions grâce à son style dépaysant et sa plume harmonieuse. »

Résumé :

Dans le paisible village de Mellstock, à la veille de Noël, l’arrivée d’une nouvelle institutrice est au cœur de toutes les conversations. Sans que nul l’ait encore vue, Fancy Day, une enfant du pays, fait déjà tourner les têtes des célibataires du comté.Dick Dewey, un jeune fermier, est le premier à lui faire des avances. Tombé fou amoureux au premier regard, il finit par la demander en mariage dans le plus grand secret. Mais un autre homme n’est pas indifférent aux charmes de la jeune femme : Mr Maybold, le vicaire, qui l’invite à se joindre à la chorale de la paroisse comme organiste. À son tour, il s’offre à l’épouser. Or Fancy, frivole et capricieuse, fait languir ses prétendants, bien consciente qu’il lui faudra renoncer à son indépendance lorsqu’elle sera mariée. Dans un labyrinthe de passions, Sous la verte feuillée, paru anonymement en 1872, dresse une fresque pleine d’ironie et de mélancolie du monde rural cher à Thomas Hardy. De cette histoire tissée de savoureux malentendus, où s’affrontent pour une femme une âme candide et un notable respecté, ne subsistera qu’un secret bien gardé par la fantasque Fancy…

Chronique :

Pour débuter ce mois d’aout et clôturer mes vacances, j’ai eu très envie de retrouver la plume de Thomas Hardy dont je trouve le délice, la poésie ainsi que le dépaysement idéaux en cette période estivale. J’ai donc pris un immense plaisir à flâner un très court instant en ces paysages apaisants, accompagné de personnages hauts en couleur.

Cependant et n’étant que le second écrit de l’auteur, Sous la Verte Feuillée – ou Quatre Saisons à Mellstock selon l’édition – ne renferme pas toute la profondeur ni la mélancolie de son style que j’aime tant mais laisse largement entrevoir le talent à venir de celui-ci. En effet, bien que peu aérienne qu’à l’accoutumée, la plume de Thomas Hardy n’a cessé de se dévoiler d’une douceur et d’une poésie pure et infinie. Fortement axée sur le visuel de son univers, j’ai adoré découvrir le cadre idyllique et champêtre de cette œuvre à travers une année et ses quatre saisons offrant de magnifiques descriptions et de vives sensations d’évasions campagnardes. Même si ce procédé reste propre et coutumier à l’auteur, je suis toujours autant charmé par ses merveilleuses ballades bucoliques et ses paysages ruraux dépaysant au possible. De plus, c’est agréablement surpris que j’ai découvert une certaine tonalité musicale propre à cette œuvre qui lui confère une dimension poétique importante et totalement enivrante. Ainsi, ce roman a littéralement raisonné et vibré en moi et je me suis plus d’une fois imaginé au cœur de cette chorale aux douces tonalités et entouré d’odeurs de pins et autres conifères. De plus et bien que moi profond cette fois-ci, Thomas Hardy dresse le portrait d’une société en pleine évolution et dévoile les prémices du choc des cultures à venir entre la vie agricole et celle bien plus mondaine et citadine. Ces différences de cultures sont amenées grâce à l’arrivée d’une nouvelle institutrice, Fancy ainsi qu’un nouveau vicaire, Mr Maybold désireux d’apporter une touche de modernisme à l’église. Ces fraîchement venus bousculerons le cœur et les mœurs de nos villageois et permettront à l’auteur d’offrir à son roman une certaine touche initiatique.

Ce semblant roman d’apprentissage est porté par les premiers émois amoureux de Dick pour la belle et séduisante Fancy. J’ai vraiment aimé la justesse et la fraîcheur de ses sentiments et même s’il semble manquer de grandeur, notre jeune choriste n’en reste pas moins sympathique et plaisant à découvrir. D’autant plus qu’il ne sera pas le seul à tomber sous le charme de notre jeune institutrice. Ainsi, cette dernière fera tourner bon nombres de têtes sur son passage et s’amusera de ses charmes. Pour autant et bien qu’assez vaniteuse et superficielle, j’ai fortement apprécié ce personnage pour le contraste qu’elle apporte et qui oppose ces différentes cultures. Cette dernière se dévoile finalement bien plus moderne et avant-gardiste que ses compères. Ainsi l’amour est le fil conducteur de ce roman et c’est avec entrain que j’ai suivi cette idylle dont l’évolution se dévoile être une parfaite métaphore aux changements de saisons.

Ainsi et tout en tonalité, le récit de Thomas Hardy ne cesse d’évoluer au rythme de la vie et de ses saisons et se dévoile être une véritable ode à la campagne et à l’amour. Une fois de plus, ce dernier m’a aisément transporté dans son univers et a fait naître en moi d’incroyables émotions grâce à son style dépaysant et sa plume harmonieuse.

8 commentaires sur “Sous la Verte Feuillée de Thomas Hardy

  1. Je ne suis pas étonnée de te voir apprécier un autre roman de l’auteur 🙂
    Je ne savais pas qu’il y avait deux titres selon la version, mais j’ai une nette préférence pour Quatre Saisons à Mellstock, a fortiori quand on lit ta chronique, le titre semblant s’imposer de lui-même. Au début de ta chronique, j’ai eu l’impression de voir un tableau se dessiner devant moi, ce que j’ai fortement apprécié 🙂 Et si on ajoute une certaine musicalité et une plongée dans les premiers émois amoureux, c’est une vraie exaltation des sens et des sentiments que l’auteur semble avoir réussi à transmettre à travers son histoire !

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    1. Sérieusement, je fais finir par croire que tu loges dans ma tête. Mes chroniques me paraissent tellement brouillonnes mais à chaque fois tu comprends exactement mon ressenti. C’est exactement ce que m’a procuré ce roman de Thomas Hardy. J’ai vraiment eu les sens en éveil tout le long de cette lecture !

      Concernant le titre, j’aime assez les deux mais il est vrai que le second est plus en adéquation avec le roman 😉

      Aimé par 1 personne

      1. Et bien merci du compliment car parfois c’est tout bien organisé dans ma tête et par écrit ça part à vau-l’eau 😉

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