Classique

Le Secret de Lady Audley de Marie Elizabeth Braddon

Note : ★★★★☆ — « Je suis plus qu’enchanté d’avoir fait la rencontre de Marie Elizabeth Braddon grâce à cette œuvre car même si cette dernière manque parfois de poésie, j’ai apprécié sa plume pour la finesse dont elle fait preuve envers ses personnages et surtout leurs différentes psychologies. »

Les appeler le sexe faible, c’est articuler une hideuse plaisanterie ; elles sont le sexe le plus fort, le plus bruyant, le plus persévérant, le plus tyrannique.

Résumé :
Le château des Audley fut jadis le théâtre d’un crime. Ce meurtre non élucidé est resté imprimé dans la mémoire des habitants du village comme une malédiction… Cette fatalité pèsera- t- elle sur les différents personnages du roman ? Car il est à peu près sûr qu’un sombre destin plane sur le baron Audley et sa très belle épouse. Effrayant, machiavélique, ce roman est à classer parmi la littérature à sensation d’Alexandre Dumas, de Wilkie Collins et de Dickens, annonçant les detective novels et les thrillers.

Chronique :
Présentée comme les prémices du roman thriller, cette œuvre me donnait particulièrement envie. Malheureusement et même si j’ai fortement apprécié cette lecture, je n’ai pas retrouvé l’ambiance que j’affectionne tant dans le genre gothique.

Où du moins dans une moindre mesure comparée à d’autres romans de ce courant littéraire. Il faut dire qu’étrangement toute les éléments et les points essentiels de l’intrigue sont très vite dévoilée et ce dès les premières chapitres. J’ai trouvé ce choix et cette construction assez déroutants mais totalement étonnants car finalement, j’ai pris un grand plaisir à découvrir s’imbriquer les pièces de ce puzzle dans lequel les apparences sont bien trompeuses. Cependant, j’ai surtout apprécié retrouver l’époque victorienne parfaitement décrite et mise en situation par l’auteure. Même s’il m’a manqué, je l’avoue, l’ambiance typique des classiques de l’époque, j’ai aimé découvrir les somptueux paysages et lieux qui composent ce roman. Tout comme j’ai fortement apprécié la palette de personnages présentée qui se dévoile être l’un – si ce n’est – des points forts de ce récit.

En effet, chaque figure présentée est parfaitement nuancée et finalement aucun des personnages se dessine bon ou mauvais, chose qui les rend chacun attrayant, intrigant et des plus attachant. Mention spéciale à notre anti héroïne Lucy – plus communément nommée Lady Audley – qui, malgré sa perversité et sa monstruosité, est parvenue à me charmer pour sa fière indépendance ainsi que ses réels et sincères désirs d’émancipations. A travers ce personnage, Marie Elizabeth Braddon dresse une très nette et fine critique de la société aristocratique et patriarcale de l’époque. De plus et grâce à ses personnages à la psychologie travaillée et aux traits affinés, cette dernière parvient à faire passer de nombreux messages, certes parfois assez datés, mais néanmoins captivants tels que la perception de la folie à l’époque. J’ai adoré les parties concernant la vision de la démence par nos protagonistes et même si elle peut sembler assez outrageante, il ne faut pas oublier qu’à l’époque les malades mentaux n’étaient pas aussi bien traités qu’actuellement.

Malheureusement et à l’image de ces dits sujets, la plume de l’auteure souffre d’un certain vieillissement comparée à d’autres de ses consœurs et/ou confrères. Son style souffre de quelques longueurs ici et là et subit son format de roman feuilleton et aurait gagné à être raccourci de certains passages. Malgré son calme et lent rythme, ce roman ne manque cependant pas de mordant et se lit avec facilité malgré un style beaucoup moins aérien et assez terre à terre. Sa joute n’égale pas celle d’autres célèbres auteur(e)s de l’époque mais n’en demeure pas moins pertinente et saisissante et je serais très curieux de découvrir d’autres de ses œuvres dans l’avenir.

C’est pourquoi, suis plus qu’enchanté d’avoir fait la rencontre de Marie Elizabeth Braddon grâce à cette œuvre car même si cette dernière manque parfois de poésie, j’ai apprécié sa plume pour la finesse dont elle fait preuve envers ses personnages et surtout leurs différentes psychologies.

3 commentaires sur “Le Secret de Lady Audley de Marie Elizabeth Braddon

  1. Je ne connaissais pas du tout cette autrice, mais ce que tu en dis me plaît. Tu n’as peut-être pas trouvé l’ambiance poussée comme tu souhaitais, mais le reste a l’air fort séduisant, notamment le travail sur la maladie mentale.
    Je note !

    J'aime

    1. Je te rassure jusqu’à la publication de ce numéro, cette auteure m’était inconnue aussi. C’est dommage de voir que de très bonnes plumes ne soient pas aussi populaires qu’Austen et cie car elles le méritent tout autant.

      Aimé par 1 personne

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