Fantastique

Les Filles qui ne mouraient pas de Kiran Millwood Hargrave

Note : ★★★☆☆ — « Je pense que j’avais de trop grandes attentes concernant ce roman, c’est pourquoi je ressors frustré de cette lecture qui me laisse un sentiment de trop peu. L’auteure avait de quoi développer davantage son univers ainsi que son intrigue mais ne semble se contenter d’une large superficialité. Néanmoins, j’ai apprécié son style qui me pousse davantage encore à découvrir sa précédente œuvre, Les Graciées. »

« Une réinterprétation féministe de l’œuvre de Dracula. »

Résumé :
La veille de leur dix-septième anniversaire, Lil et sa soeur jumelle Kizzy sont capturées et réduites en esclavage par le cruel Boyar Valcar.
Loin de leur communauté de voyageurs si rassurante, elles se retrouvent contraintes de travailler dans les cuisines peu accueillantes du château du mystérieux comte, sans savoir ce qui les attend – sans savoir si quelque chose les attend. Vont-elles revoir la lumière du jour ? La seule source de réconfort de Lil, c’est la présence de Mira, une autre esclave, qui l’attire d’une manière qu’elle ne comprend pas et l’aide à retrouver un semblant d’espoir.
Espoir qui est réduit à néant quand elle rencontre le Dragon, un être de légende mystérieux et terrifiant à qui les captives sont livrées en offrande. Des jeunes filles disparaissent tous les jours sans laisser de trace, et personne ne sait ce qu’elles deviennent. Quand arrive le tour de Kizzy, Lil est désemparée, et prête à tout pour sauver sa soeur des griffes du démon qui les tient en otages. Mais elle ignore que ce qu’elle va découvrir surpasse toutes ses craintes…

Chronique :
C’est avant tout grâce à sa magnifique couverture que ce roman m’a fait de l’œil puis, j’ai découvert que le nom de l’auteure ne m’était pas totalement inconnu puisqu’on son œuvre Les Graciées, fait depuis bien trop longtemps, partie de ma wish-list. Ainsi, je n’ai pas hésité à me procurer ce récit présenté comme une féministe réécriture du célèbre conte de Dracula. Néanmoins et avant que vous poursuiviez cette chronique, sortez vous très vite cette idée de la tête…

Effectivement, il y a – selon moi – tromperie sur la marchandise car ce dernier n’apparaît que dans les tous derniers chapitres de ce roman. Comme je n’aime pas ce sentiment de m’être fait avoir par son résumé et je préfère alors vous prévenir. Néanmoins et malgré cette large liberté d’interprétation de la part de la maison d’édition, j’ai apprécié cette lecture avant tout pour la plume de Kiran Millwood Hargrave. Sans être totalement singulière ni se démarquer des autres récits du genre, j’admets l’avoir trouvée douce et poétique et fortement pertinente. Cette dernière dépeint en douceur mais néanmoins efficacité un récit au rythme conséquent. Sans être haletant, Les Filles qui ne mouraient pas a su me séduire pour sa tension constante et permanente, ce qui a rendu ma lecture palpitante et intéressante. J’ai apprécié découvrir l’univers imaginé par l’auteure même si je regrette un léger manque d’investissement et une trop grande superficialité de sa part. L’histoire souffre selon moi d’un manque certain d’approfondissement et l’auteure aurait gagné à développer davantage son univers ainsi que son intrigue qui manque, elle aussi, de détails et de développement. Finalement et une fois lecture faite, j’ai une impression de trop peu et de confusion. Je ne sais quand l’histoire a réellement débuté et je cherche encore les raisons qui a permis cette réécriture. Fort heureusement et comme je le disais, l’aperçu de son travail se dessine pourtant loin d’être exécrable. L’univers se veut novateur et mystérieux et je déplore m’a soif de découverte inassouvie quant au monde tzigane pourtant prometteur et aguicheur. Bien que les premiers chapitres laissent entrevoir quelque chose de grand et d’encourageant, le tout s’efface bien trop facilement à caus’ d’une très grande précipitation de la part de Kiran Millwood Hargrave. Sans laisser le temps au lecteur de s’accommoder et de s’imprégner du climat hostile de son roman, cette dernière incise foncièrement son intrigue pour arriver à la conclusion finale que j’ai trouvé, elle aussi, bien trop précipitée.

Ce constat reste imputable à la construction de ses personnages même si je dois bien admettre qu’un réel effort semble avoir été fait les concernant. Ainsi, le lecteur fera la connaissance des jumelles tziganes, Kizzie et Lil dont seul le point de vue de cette dernière lui sera dévoilé. Étonnement, j’ai fortement apprécié la singularité de ce duo qui se devinera être sa force ainsi que la dynamique de cette relation. Cette dite relation qui est parvenue à me conquérir grâce à la puissance du lien qui relit nos deux jeunes sœurs. Pourtant, je n’ai pas été aussi sensible que je l’aurais souhaité et je n’ai pas réussi à totalement pénétré cette douce et émouvante bulle d’amour et d’affection parfaitement retranscrite par l’auteure. Il m’a manqué un je ne sais quoi pour m’attacher amplement à nos demoiselles en détresse, basculées dans un univers hostile et inconnu bien loin du réconfort du groupe de voyageurs qu’ils formaient au préalable. Cependant et malgré ce défaut, j’ai fortement apprécié suivre les traces de ces protagonistes qui n’ont finalement que le sexe de féministe. Pour le reste, je cherche encore en quoi ce roman est présenté comme tel, mis à part la quasi absence d’homme au sein de cette œuvre.

Enfin, je pense que j’avais de trop grandes attentes concernant ce roman, c’est pourquoi je ressors frustré de cette lecture qui me laisse un sentiment de trop peu. L’auteure avait de quoi développer davantage son univers ainsi que son intrigue mais ne semble se contenter d’une large superficialité. Néanmoins, j’ai apprécié son style qui me pousse davantage encore à découvrir sa précédente œuvre, Les Graciées.

12 commentaires sur “Les Filles qui ne mouraient pas de Kiran Millwood Hargrave

  1. C’est toujours embêtant quand une quatrième de couverture nous donne une impression erronée de son livre, on a vraiment l’impression de se faire avoir. L’idée était pourtant bonne, mais les points négatifs que tu soulignes risquent trop de me déranger.

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    1. C’est surtout frustrant de découvrir un message bien loin des promesses faites par la ME. Malgré tout, j’ai apprécié la plume de l’auteure ce qui confirme mon envie de découvrir davantage Les Graciées.

      Aimé par 1 personne

  2. C’est vrai que cette couverture est très belle. En lisant le résumé, je me demandais justement en quoi ce livre représentait une réinterprétation de Dracula. Apparemment l’accroche est mal choisie d’après ce que tu en dis, dommage de le vendre comme tel alors, ca risque de faire des déçus. En espérant que son autre roman t’apporte plus de satisfaction 🙂

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    1. C’est vraiment dommage car ce sentiment de m’être fait trompé ne m’a pas aidé dans mon appréciation générale.

      Je mise beaucoup sur Les Graciées car malgré ces détails fâcheux, j’ai vraiment adoré l’aperçu du style et de la plume de l’auteure.

      Aimé par 1 personne

      1. Forcément avec un sentiment pareil, c’est difficile d’être comblé par sa lecture… L’avantage c’est que ton expérience avec le style de l’auteure a été convaincante, c’est un bon point pour le suivant 😊

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  3. Comme tu le sais, ce roman me tentait beaucoup mais d’abord pour sa dimension réécriture féministe de Dracula qui semble être un argument de vente bien trompeur. Heureusement que tu en as parlé, parce que je pense que j’aurais été très très déçue en me lançant.
    Je garde le roman en tête mais vu le manque de profondeur, ce n’est clairement plus une priorité…

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    1. Je suis le premier déçu de cette mise en avant trompeuse. Lorsque je m’attaque à une lecture dite féministe, je m’attends à découvrir une héroïne forte et indépendante qui fait force d’émancipation. On est clairement loin du compte avec cette roman même s’il reste sympa à découvrir pour la plume de l’auteure.

      Aimé par 1 personne

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