Classique

Le Château de mes Rêves de Lucy Maud Montgomery

Note : ★★★★☆ — « J’avais hâte de découvrir un nouvel écrit de l’auteure et je suis bien plus que satisfait de cette lecture malgré un début assez capricieux. Heureusement et une fois plongé au cœur de ce récit, je n’ai cessé d’être émerveillé par les tonalités de cette vive et acerbe critique, alliant ironie et virulence avec malice et efficacité et qui m’ont permis de redécouvrir une facette du style de cette dernière que je ne soupçonnais nullement. »

Résumé :

Valancy Jane Stirling, vieille fille de vingt-neuf ans, de santé délicate et pas très jolie, n’a jamais connu un seul instant de bonheur. Elle habite avec un mère très sévère et une vieille cousine agaçante. Elle joue les faire-valoir de sa séduisante cousine Olive et sert de bouc émissaire au clan familial. Heureusement, elle peut de temps à autre rêver éveillée en évoquant son « Château bleu » dont elle est la gracieuse châtelaine, épouse bien aimée et respectée d’un romantique chevalier.
Sa vie s’écoule, lente, triste et monotone, jusqu’au jour où elle consulte en secret le docteur Trent qui lui révèle une grave maladie de coeur. Il lui reste peu de temps à vivre. Paradoxalement, cette nouvelle la libère d’une peur de vivre qui la paralysait. Elle vivra désormais le temps qui lui reste selon son bon plaisir, malgré le scandale qu’elle cause dans les rangs du clan familial. Et c’est alors qu’elle fait la connaissance de Barney Smith, le mécréant, le fraudeur, le marginal…

Chronique :

En raison de mon immense coup de cœur pour la saga Anne de l’auteure ainsi que pour sa riche et poétique plume, j’étais plus que curieux de découvrir une nouvelle œuvre de cette dernière. C’est donc avec empressement et impatience que je me suis plongé dans Le Château de mes Rêves qui s’est révélé être une très bonne surprise malgré un début légèrement capricieux.

Il est vrai qu’il m’a été difficile d’oublier mes précédentes rencontre avec Lucy Maud Montgomery pour pouvoir profiter au maximum de cette nouvelle expérience. Les premiers chapitres m’ont vraiment semblé fortement stéréotypés et manquaient réellement de nuances. J’ai fait face à une héroïne martyre de sa société et grande victime de sa marginalité. En effet, Valancy est ce que l’on qualifiait à l’époque une vieille fille au physique ingrat et vivant encore sous la cruelle tutelle de sa famille. Bien que pour autant déplaisante, notre héroïne semble se complaire dans cette situation et dans ce lot de malheur que lui joue la vie. Il faudra attendre l’annonce du diagnostic d’une pathologie cardiaque et incurable, condamnant cette dernière avant de voir notre personnage se transformer littéralement. A partir de cette révélation et alors que je ne pensais pas parvenir à m’attacher à cette dernière, j’ai été pris au piège par son extrême et magnifique évolution. Au revoir la jeune fille gauche et docile et bonjour à la femme forte et foncièrement indépendante, bien loin des codes moraux et sociaux de l’époque mais finalement, attachante au possible. J’ai adoré ce contraste saisissant et détonnant qui n’a cessé de m’épater et de m’émerveiller. Valancy met un point d’honneur à profiter de ses derniers instants sur terre comme elle l’entend. Ainsi, celle-ci ne se laissera plus dicter sa conduite et contre l’avis de tous, elle s’éprendra d’un homme peu conventionnel et découvrira grâce à ce prétendant, contesté de tous, les joies mais aussi les peine du pur et grand amour et ce à quoi, j’ai été plus que réceptif. Sans offrir la romance la plus poignante et touchante, Lucy Maud Montgomery délivre néanmoins un très beau et louable message de tolérance et d’accoutumance et une parfaite critique de société. Bien loin du ton doux, chaleureux et mélancolique de sa saga littéraire Anne, la dynamique de cette œuvre se dévoile des plus acerbe possible et bien souvent à la limite de la virulence. Pour autant et malgré cette véhémence constante, j’ai été surpris par la forte touche d’ironie qui rythme ce récit et je me suis plus d’une fois surpris en train de sourit devant la bêtise et la gaillardise de certaines situations.

Je me suis tout simplement régalé de ce délicieux cocktail de malice et de drôlerie permettant à Lucy Maud Montgomery de dévoiler une alléchante facette de son style qui m’était jusqu’à présent totalement inconnu et qui me donne fortement envie d’en découvrir encore davantage. D’autant plus que sans être aussi poignant et touchant qu’avec d’autres de ses œuvres, ce dernier se veut toujours aussi facile d’accès et des plus addictif. C’est pourquoi, ce trop court roman se dévore sans vergogne. Cependant et malgré ses nombreux atouts, je regrette avoir à noter quelques facilités et une large prévisibilité. Il est vrai que j’avais décelé bien à l’avance certaines des révélations présentées et même si cela n’a pas gâché mon intérêt ni ma lecture, j’avoue que cela m’a quelque peu frustré. Néanmoins, l’auteure retombe très vite sur ses pattes et apporte une conclusion émouvante et pertinente à son roman.

J’avais hâte de découvrir un nouvel écrit de l’auteure et je suis bien plus que satisfait de cette lecture malgré un début assez capricieux. Heureusement et une fois plongé au cœur de ce récit, je n’ai cessé d’être émerveillé par les tonalités de cette vive et acerbe critique, alliant ironie et virulence avec malice et efficacité et qui m’ont permis de redécouvrir une facette du style de cette dernière que je ne soupçonnais nullement.

5 commentaires sur “Le Château de mes Rêves de Lucy Maud Montgomery

  1. Tu me donnes très envie de découvrir cette héroïne qui se métamorphose totalement au fil de l’histoire. Je vais pour le moment me focaliser sur Anne mais si j’arrive à être à jour dans l’édition de Monsieur Toussaint Louverture, je me tournerai sûrement vers ce livre.

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  2. Tu titilles vraiment ma curiosité avec ce titre inédit pour moi. Ça m’intrigue que sa plume soit si différente d’Anne et surtout qu’elle soit presque acerbe parfois. Seul le thème de la maladie me refroidit un peu…

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    1. Je te rassure que mon cerveau avait déjà fait le raccourci que Lucy Maud Montgomery = Anne et rien d’autre alors que finalement elle détient une importante bibliographie qui me tente énormément vu mon apprécie de ce roman singulier.

      Je te rassure la maladie n’a qu’une moindre part dans toute l’intrigue et ne devrait pas te freiner plus que cela 😉

      Aimé par 1 personne

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