Fantastique·Historique

Trilogie d’une Nuit d’Hiver, tome 1 de Katherine Arden

Note : ★★★★★ — « Ce premier volet est une merveilleuse découverte. Sans passer loin du coup de cœur ce dernier m’a permis de vivre une aventure palpitante et haletante grâce à un univers magnifiquement bien retranscrit et dont les paysages n’ont cessé de me faire voyager. Katherine Arden s’approprie le folklore russe pour livrer une intrigue trépidante et efficace face à laquelle j’ai été plus que réceptif. »
lalocataire
Inspiré de contes russes, L’Ours et le Rossignol a su en garder toute la poésie et la sombre cruauté.

Résumé :
Au plus froid de l’hiver, Vassia adore par-dessus tout écouter, avec ses frères et sa sœur, les contes de Dounia, la vieille servante. Et plus particulièrement celui de Gel, ou Morozko, le démon aux yeux bleus, le roi de l’hiver. Mais, pour Vassia, ces histoires sont bien plus que cela. En effet, elle est la seule de la fratrie à voir les esprits protecteurs de la maison, à entendre l’appel insistant des sombres forces nichées au plus profond de la forêt. Ce qui n’est pas du goût de la nouvelle femme de son père, dévote acharnée, bien décidée à éradiquer de son foyer les superstitions ancestrales.

Chronique :
Bien que j’avais ce roman dans mon radar depuis quelques temps déjà, je n’aurais pas craqué aussi rapidement sans l’élogieux avis de Zoé que je partage à présent. A tel point que je regrette de ne pas m’être laissé tenter bien avant tellement ce premier volet m’a régalé et n’est pas passé loin du coup de cœur.

Cela provient du fait que Katherine Arden sert sur un plateau d’argent un roman d’ambiance incroyable et haletant à découvrir. Je n’ai cessé d’être épaté par sa dimension parfaitement immersive dans laquelle je me suis immergé sans vergogne. En très peu de lignes cette dernière est parvenue à me transporter dans univers aux paysages riches et détaillés, aux représentations arides et glaciales et pourtant si envoûtantes et mystérieuses. L’une des choses qui m’a semblé fortement impressionnante concernant ces paysages sombres et neigeux reste la place de la neige et des saisons dans ce roman. En effet, ces éléments se dévoilent être l’une des partie principale de l’intrigue et rythment à merveille celle-ci. J’ai trouvé ce procédé de construction singulier mais totalement pertinent et percutant. Je n’ai cessé d’être admirable face à un tel rythme d’autant plus que la plume de Katherine Arden ne se démarque pas par sa vivacité, bien au contraire. J’ai trouvé son style d’une poésie grandiose et d’un art redoutable. L’auteure joue autant avec les mots qu’avec le folklore russe et j’ai trouvé le résultat séduisant, attrayant et fluide à souhait.
D’autant plus que ma dernière lecture dédiée aux fameux contes russes m’avait laissé quelque peu perplexe et sur ma faim. Ainsi, il est indéniable que j’ai été plus que servi par L’Ours et le Rossignol qui déborde de toute part de toute cette mystérieuse et singulière mythologie. Ainsi sans rien omettre et avec minutie, l’auteure nous livre un succulent roman baigné des plus belles traditions et superstitions russes que j’ai adoré vivre et découvrir. A l’aide de tout ce folklore fantastique et mystique, Katherine Arden m’a davantage plongé dans son univers que je l’aurais cru possible. Fort heureusement et malgré la place importante de ces légendes et autres fabuleuses fables, l’intrigue tissée autour de ces dernières n’en demeure pas moins excellente à mener et parfaitement narrée. J’ai pris un incroyable plaisir à découvrir cette Russie médiévale aussi violente soit-elle. Découvrir les difficiles conditions de vie de la dureté du travail m’a aussi charmé que le reste et bien que l’auteure précise qu’elle s’est permise quelques libertés pour servir son intrigue, je dois bien admettre que le cadre historique reste totalement louable et fortement réaliste. Mention spéciale à la place de la religion très présente dans ces contrées et magnifiquement bien retranscrite avec adresse.

Tout cet exploit n’aurait pu naître sans toute la finesse et la pointilleuse construction de chacun des personnages peuplant ce premier volet. A commencer par Vassia qui m’a tout simplement époustouflé. Bien loin des modèles d’héroïnes mainte et mainte fois lues et relues, notre chère jeune fille se dévoile des plus singulière et cela aussi bien physiquement que psychologiquement, faisant de cette dernière un personnage des plus intéressant et attachant à découvrir. C’est dans ses faiblesses que s’élève sa force et j’ai adoré ce contraste permanent qui n’a cessé de faire briller ce personnage. J’ai adoré suivre sa palpitante évolution et son ascension jusqu’à son émancipation tout simplement méritée face à tant de traitements subits avec fermeté et détermination. Je ne donnais pas cher de ce petit être si faible et fébrile et pourtant j’ai été ébloui par un tel développement. Bien souvent montrée du doigt à cause de sa condition, s’est auprès des siens qu’elle s’épanoui totalement.
Cela tombe bien car c’est une véritable fresque familiale que nous dévoile Katherine Arden qui m’a d’ailleurs bien souvent rappelée celle des Starks de par leur unité et leur complémentarité. Ainsi, j’ai adoré chacun des membres de cette tribu et bien que la dernière venue, Anna, n’est pas de plus bienveillante ni tendre, je ne suis pas parvenu à la détester pour autant. Il faut dire que chacun des protagonistes présentés se dévoile nuancé et complexe de par sa psychologie. Exceptés les paysages, tout n’est pas tout blanc ni noir dans ce volet et ce pluraliste m’a semblé des plus salutaire. Pour autant, j’avoue avoir apprécié certains personnages plus que d’autres comme Sacha par exemple qui m’a rappelé Vassia pour son combat personnel. En effet, chacun des membres de cette famille et plus précisément la fratrie cherche encore son propre chemin ce qui permet à Katherine Arden de dresser avec subtilité différentes et passionnantes quêtes d’identité qu’il me tarde de découvrir bien davantage maintenant.
De plus et comme je l’évoquais, cette dernière s’inspire des contes et du folklore russe et j’ai été plus que charmé de rencontrer les plus grandes figures de ces derniers et bien que j’aurais apprécié que certains détiennent une part plus importante dans l’intrigue, j’ai apprécié découvrir ces différentes et mystérieuses créatures dont la nuance est délicieuse et s’oppose totalement à la vision du bien trop pieux Konstantin qui se dévoile être le personnage que j’ai le moins apprécié et pourtant l’un des plus intéressant à lire. En effet, il m’a bien souvent rappelé Grigori Raspoutine pour son élévation en tant que sauveur du monde et sa pruderie et bien que très peu d’accord avec sa doctrine, j’ai aimé la dualité entre sa foi et sa personnalité qui l’animait.

En somme et je pense que vous l’aurez compris, ce premier est une merveilleuse découverte. Sans passer loin du coup de cœur ce dernier m’a permis de vivre une aventure palpitante et haletante grâce à un univers magnifiquement bien retranscrit et dont les paysages n’ont cessé de me faire voyager. Katherine Arden s’approprie le folklore russe pour livrer une intrigue trépidante et efficace face à laquelle j’ai été plus que réceptif et dont il y a tant de choses à dire.

Cette lecture a été réalisée à l’occasion du Cold Winter Challenge 2021 : Menu Sorcellerie Hivernale – Catégorie Etoile des neiges.

32 commentaires sur “Trilogie d’une Nuit d’Hiver, tome 1 de Katherine Arden

  1. Je me suis arrêtée devant la couverture en librairie et j’avais hésité parce que le résumé m’intrigue mais ton avis me confirme que c’est clairement un roman qui me plairait !

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    1. Si tu apprécies la fantasy, les contes ainsi que les contrées sauvages et glaciales, cette saga est faite pour toi ! Je serais d’ailleurs ravi de te lire sur le sujet 😉

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  2. Je suis on ne peut plus d’accord avec tout ce que tu dis dans ta chronique ; ce premier tome nous dépayse et nous emporte dans une ambiance qu’on ne croise que malheureusement peu, sur une terre réelle (la Russie) dont on sait l’aridité et l’immensité.

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    1. Ce premier volet a été une révélation et une véritable claque ! Dès le premier chapitre, Katherine Arden m’a embarqué avec elle dans un univers froid et hostile et pourtant si enchanteur et captivant. J’ai adoré ma plongée dans tout ce folklore russe qui a raisonné en moi avec merveille.

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  3. Tu disais mon avis copieux, je trouve le tien tout autant. Tu rends à merveille l’ensemble des aspects faisant la richesse et la beauté de ce texte. J’espère qu’ainsi tu donneras envie encore à de nouveaux lecteurs de le découvrir !

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    1. Merci du compliment.
      Il faut dire qu’il y a tant à dire de ce si singulier et envoûtant roman ! J’ai vraiment trouvé cette lecture passionnante et il me tarde d’en découvrir davantage à présent.
      C’est pourquoi, j’espère que beaucoup découvriront cette auteure.

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  4. Une telle passion dans ta chronique me fait plaisir, ce roman m’ayant également transportée. Comme toi, j’ai adoré l’ambiance, la construction des personnages et ce fabuleux folklore russe que l’autrice utilise avec brio.

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    1. Comment ne pas en être autrement devant une telle œuvre. Je vois que nous sommes deux à avoir été fasciné par ce roman à l’ambiance incroyable ! Il me tarde de découvrir la suite maintenant.

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  5. Je suis siiiii ravie que tu aies aimé, et ta chronique est aussi superbe que le roman ! Magnifique, vraiment, et très juste. Elle me rappelle tout ce que j’ai aimé dans le roman.
    (Par contre, je pense qu’un paragraphe d’une autre chronique s’est par erreur intégré dedans, quand tu parles d’autoédition notamment ^^ celle sur la dernière Anastasia dont il y a l’image peut-être ?).
    C’est très rigolo le rapprochement que tu fais avec la famille Stark, parce que dans mon esprit, c’était le visage d’Arya qui me venait quand je visualisais Vassia 🙂
    Je viens de finir la trilogie, et j’ai trouvé le 3eme tome parfait, encore plus que le 1er. Jje pense que tu vas te régaler sur l’ensemble de la trilogie.

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    1. Et moi je suis ravi d’être tombé sur ton avis qui m’a décidé à sauter le pas ! Merci pour tous ces compliments qui me vont droit au cœur.
      Et merci pour l’erreur car effectivement, en éternel boulet j’ai laissé un passage et la couverture de ma précédente chronique que j’ai tout simplement c/c 😉

      Ah ça me rassure ! Je n’en ai pas spécialement parler mais j’ai eu l’impression que beaucoup de références étaient faites à l’univers de GoT, le froid, l’hiver, la famille et ses complots et j’ai adoré cela. Du coup et comme toi, j’ai souvent visualité Arya.
      Quand je te lis, je me dis que j’ai bien fait de craquer et de commander les deux prochains volets qui arriveront demain dans ma boite aux lettres !

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  6. Je l’avais lu en anglais il y a un moment maintenant, mais j’avais vraiment aimé ce premier tome, inspiré des contes russes. Une amie vient de me l’offrir en français et je me replongerai avec délice dans cette histoire.

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    1. Il faut dire que ce premier volet est envoutant à souhait ! J’ai vraiment été immergé par l’univers si froid et aride de Katherine Arden. Jamais un environnement m’a semblé avoir une place aussi significative dans une œuvre et j’ai adoré le résultat.
      J’ai d’ailleurs commandé les prochains tomes et j’ai hâte de continuer mon périple en cette Russie médiévale !

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