Classique

La Religieuse de Denis Diderot

Note : ★★★★★ — « La Religieuse m’aura fait traverser de violentes et belles émotions grâce à son délicat et sensible sujet. La plume de Denis Diderot retrace les pas d’une jeune femme éprise de liberté, enfermée contre son gré dans un monde débordant de perversité et de dépravation, avec réalisme et résonance tant le sujet se veut toujours actuel. »

Résumé :
Parce qu’elle est une enfant illégitime, Suzanne Simonin est enfermée par ses parents chez les religieuses de Longchamp où on la force à prononcer ses voeux. Pieuse et innocente, elle tombe sous la coupe d’une nonne illuminée déjà perdue de mysticisme avant de devenir la proie d’une mère supérieure qui va faire de sa réclusion un enfer. Harcelée, martyrisée, elle subit les pires sévices. Femme cloîtrée soumise à toutes les perversions de la vie monastique, Suzanne peut-elle échapper à la folie ?

Chronique :
Je ne sais plus comment je suis tombé sur cet auteur et encore moins sur cette œuvre mais je me rappelle avoir été très vite intrigué par son titre ainsi que sa couverture. Son résumé a terminé par me convaincre de découvrir ce classique de la littérature française dont je suis ressorti totalement marqué et subjugué à la fois.

Il faut dire que Denis Diderot traite d’un sujet fort délicat et sensible et le fait de manière sincère et authentique et bien souvent violente et brutale. Grâce à sa plume aussi vive que directe ainsi qu’à son style des plus franc, ce dernier dépeint un univers aussi hostile et violent qu’il se veut pieu et apaisant. Les portes du couvent de Longchamp ne laisse aucun place à la bonté et l’altruisme mais ouvre les portes de l’enfer pour notre héroïne. Entre sévices morales et physiques, j’ai suivi avec intensité et émotion le triste sort réservé à Suzanne condamnée pour un acte pour lequel elle n’est en rien responsable. En effet, en qualité de fille illégitime sa mère la confiera dans le but d’expier son adultère au soin et à la parole de Dieu et à ses fidèles. Et alors que Suzanne rêve de liberté, d’amour et de vie, celle-ci fera la découverte d’un monde bien sombre et violent dont elle sera la principale victime. Bien que moins mis sous silence de nos jours, je ne peux qu’être admiratif de l’audace dont à fait preuve Denis Diderot lors de la rédaction de sa puissance et poignante satire. Bien davantage encore lorsqu’on connaît l’importante place de l’église au sein de la société de l’époque. D’autant plus que même si ce récit est d’une grande dimension fictive, ce dernier s’est inspiré de faits réels mais aussi du triste sort de sa sœur, morte dans couvent sous le coup de la folie. Ces découvertes ont accentué encore plus toutes les émotions ressenties au cours de ma lecture, largement perçues grâce sensibilité de l’auteur qui a su me toucher de part en part.

J’ai littéralement vibrer en parcourant le destin tragique de cette pauvre innocente et âme en peine qui ne rêve que de retrouver sa liberté et son indépendance. C’est pourquoi et malgré sa durée assez courte, La Religieuse se veut une oeuvre percutante et accrochante. Dès les premières pages, Denis Diderot m’a emporté dans son religieux et saint univers pour lequel je n’ai cessé de ma fasciner malgré toute sa perversité et de déviance. Cette curiosité n’aurait pu avoir lieu sans le Suzanne, le personnage principale de ce drame qui m’a, elle aussi, tout simplement subjugué. Je me suis très rapidement attaché à cette femme aussi résiliante que déterminée face aux nombreuses épreuves qui l’attendront. Il est impossible de ne pas fait preuve d’empathie face à une telle martyre. D’autant plus qu’à travers sa voix, c’est celle de toutes les victimes de ces sévices que s’est levé l’auteur, ce qui fait de son roman, une œuvre marquante et incontournable.

Finalement et quand bien même une finalité précipitée et peut-être un poil trop confuse, La Religieuse m’aura fait traverser de violentes et belles émotions grâce à son délicat et sensible sujet. La plume de Denis Diderot retrace les pas d’une jeune femme éprise de liberté, enfermée contre son gré dans un monde débordant de perversité et de dépravation, avec réalisme et résonance tant le sujet se veut toujours actuel. En effet, tant que le voile de ce monde ne sera pas complètement levé, bien des mystères perdureront.

29 commentaires sur “La Religieuse de Denis Diderot

    1. Je t’avoue que Diderot m’était jusqu’alors inconnu. Je ne me souviens pas avoir étudié l’un de ses textes pendant mes études. Cela dit, je partais neutre quant à ma découverte et ce n’est pas plus mal tant je l’ai adorée et dévorée.

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  1. Je me joins aux commentaires précédents pour confirmer que tu me donnes particulièrement envie de découvrir ce roman ! Je ne me serais jamais attendue à une histoire aussi en avance sur son temps ! Sans toi, je me serai peut-être jamais arrêtée sur ce titre qui a rejoint ma wish-list, alors merci à toi !

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    1. Je t’en prie c’est avec plaisir. Je suis toujours aussi étonné de voir à quel point l’auteur semble populaire excepté pour ses fictions.
      J’espère que cette lecture sera aussi marquante et aura autant d’impact qu’elle en a eu pour moi.

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      1. Il est surtout connu pour la fameuse Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, qui est souvent évoquée en cours de français quand on aborde l’époque des Lumières. C’est donc un nom qu’on peut connaître sans n’avoir rien lu de lui (c’est mon cas d’ailleurs).
        En tout cas, tu as eu une découverte de cet auteur des plus enthousiasmantes et c’est vraiment génial !

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      2. D’aussi loin que je me souvienne de mes années d’études, je ne me souviens même pas de la mention de ce dernier. Comme quoi, la littérature permet d’approfondir sa culture générale et de développer ses connaissances !

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  2. Excellent article qui donne vraiment envie de se pencher un peu plus sur ce roman ! Intriguant surtout que comme d’autres j’ai surtout lu des passages des Salons de l’auteur qui n’abordent absolument pas les mêmes enjeux…
    Sûrement une nouvelle entrée dans ma PAL en approche 😆

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    1. Merci du compliment.
      Ce qui est drôle c’est que tout le monde sauf moi semble connaître cet auteur. Jusqu’à présent j’en avais jamais entendu parlé. Ce qui n’est pas plus mal comme ça je partais à neuf pour cette délicieuse et révoltante lecture !
      J’espère que ta lecture te plaira le cas échéant 😉

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  3. Quelle belle chronique ! j’avais déjà envie de le lire un jour mais là, tu me donnes encore plus l’envie de le découvrir 🙂
    Et en plus, tu m’apprends que c’est inspiré de faits réels ce qui attise davantage ma curiosité.
    Bonne journée !

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    1. Merci pour le compliment.
      Je t’avoue que j’ai essayé d’être le plus enthousiaste possible mais vu le sujet c’était assez difficile mais content de t’avoir donné envie de découvrir cette œuvre à ton tour.

      Belle soirée à toi aussi.

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  4. Je n’aurais pas cru que ce genre de sujet (la brutalité psychologique dans un couvent, l’injustice d’y être enfermée contre son gré) puisse être abordé au XVIIIe siècle. Les penseurs des Lumières étaient vraiment en avance sur leur temps !

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  5. Cette lecture m’avait beaucoup marquée, il a une bonne place dans ma bibliothèque 🙂 ça me fait plaisir de voir que d’autres personnes l’apprécient aussi 🙂

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      1. Je n’ai rien lu d’autre de cet auteur, mais je suis curieuse de voir quelles autres de ses oeuvres tu liras à l’avenir 😉

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  6. Je ne l’ai jamais lu celui-ci. Je l’ai découvert avec l’Encyclopédie, dont j’ai eu la chance de voir des exemplaires originaux dans la bibliothèque du château de Menthon sur le lac d’Annecy…
    J’ai surtout lu ses Salons, dans lesquels l’auteur se fait visiteur des salons artistiques de son époque, et décrit les œuvres qu’il voit, l’ambiance qui règne, décrit les foules… Il se transforme en critique d’art.
    Mon roman favori reste Jacques le Fataliste et son maître, un tout autre registre que La religieuse. Beaucoup moins porteur d’émotions que La religieuse, du coup peut-être que ça te plaira moins; mais il est cocasse (enfin ça dépend des points de vue ^^) et brillant sur le plan formel.

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    1. Je ne suis pas certain d’apprécier les autres genres mentionnés mais je note Jacques le Fataliste et son maître qui semble t’avoir fortement marqué et convaincu.

      Merci pour la découverte.

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    1. Je n’ai pas le souvenir d’avoir étudie cet auteur que j’ai découvert grâce à cette oeuvre qui se veut vraiment saisissante et percutante grâce à son délicat sujet.

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  7. J’avoue que l’association des noms Diderot et religieuse m’avait toujours fait fuir, mais ce que tu en dis sur l’audace de l’auteur doser dénoncer de tels travers à l’époque me donne finalement envie.
    Il faut que tu arrêtes d’écrire aussi bien sur les classiques !

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    1. Alors contrairement à toi ce nom m’était totalement inconnu. Je suis donc parti en confiance avec cette lecture qui s’est révélée des plus marquante et surtout percutante. Je ne m’attendais pas à être autant subjugué en l’entamant et j’en ressors presque changé.

      Merci du compliment même si mes chroniques n’ont rien de sensationnelles 😂

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      1. Ah bon, je pensais que tout le monde connaissait Diderot au moins de nom vu que c’est un grand philosophes des Lumières aux côtés de Voltaire, d’Alembert, Rousseau et Montesquieu ><

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