Classique

Middlemarch de George Eliot

Note : ★★★★☆ — « Je ne connaissais pas George Eliot mais je peux affirmer être plus que satisfait d’avoir goûté à sa plume délicate et fortement agréable. J’ai adoré voguer à Middlemarch auprès de Dorothea, cette femme de lettres et de sciences, différente des héroïnes de l’époque, qui a su me séduire pour son altruisme et sa bonté d’âme. »


Pour connaître une joie intense, il faut, à défaut d’une forte charpente corporelle, posséder une âme enthousiaste.

Résumé :
Middlemarch (1871-1872) est sans doute le plus beau roman de George Eliot, en tout cas son roman le plus complet (le sixième sur sept). Deux intrigues sentimentales principales, l’histoire des deux mariages de Dorothea et le mariage malheureux de Lydgate, jeune médecin ambitieux, avec la vulgaire Rosamond Vincy, se détachent sur un fond foisonnant de personnages et d’événements, d’épisodes intéressants, amusants, émouvants. Un des charmes de George Eliot est dans cette surabondance de détails. Nous avons fait figurer en préface un beau texte de Virginia Woolf sur George Eliot : « L’issue fut triomphale pour elle, quel qu’ait pu être le destin de ses créatures ; et quand nous nous rappelons tout ce qu’elle a osé, tout ce qu’elle a accompli, la façon dont, malgré tous les obstacles qui jouaient contre elle (le sexe, la santé, les conventions), elle a cherché toujours plus de savoir, toujours plus de liberté jusqu’au jour où le corps, accablé par son double fardeau, s’effondra, épuisé, nous devons poser sur sa tombe toutes les brassées de lauriers et de roses que nous possédons. »

Chronique :
La collection Romans Éternel me permet de découvrir chaque semaine de nouveaux auteurs et de nouveaux classiques de la littérature. Ainsi, je suis plus que satisfait d’avoir découvert la plume délicate de George Eliot à travers Middlemarch, son œuvre la plus aboutie dit-on.

Quand bien même je ne peux affirmer ce dire, je peux assurer avoir passé un très bon moment au cours de cette lecture. J’ai très vite été charmé par le style tout en finesse de l’auteur et par sa plume abordable et agréable à lire. Cette dernière a construit une intrigue alliant et reliant plusieurs familles et s’est beaucoup inspiré de son cadre de vie pour pouvoir offrir un roman plausible et totalement réaliste. J’ai vraiment été surpris par ce choix car même si Middlemarch n’existe pas réellement, l’environnement géopolitique est quant à lui authentique et existant malgré un manque certain d’ambiance et d’atmosphère britannique. Ainsi, j’ai pu découvrir ce qu’était le Reform Act de 1832, tout comme j’ai pu apercevoir les conséquences de la montée au pouvoir de Guillaume IV. Cela accentue davantage le côté réaliste de cette œuvre et fait de ce dernière une véritable critique de la société. J’ai beaucoup apprécié celle-ci car même si les thèmes présentés restent habituels au genre, d’autres aspects sont mis en valeurs tels que l’avancement et les progrès de la médecine par exemple. Cependant, les mariages et la place de la femme au sein de la société britannique restent les éléments centraux et sont mis en avant grâce au personnage étonnant de Dorothea que j’ai adoré suivre du début à la fin.

En effet, George Eliot offre aux lecteurs une palette conséquente de protagonistes à travers pas moins de trois destins étroitement liés et entrecroisés tout au long du roman. J’ai fortement aimé ce choix car il lui permet de développer et d’étoffer son univers d’une manière considérable mais je dois bien avouer que certains personnages ainsi que leurs parties m’ont parfois plus ennuyées que d’autres. Fort heureusement, il m’a semblé que la destiné de Dorothea était davantage mise en avant et je n’ai pas à m’en plaindre car j’ai tout simplement adorée ce personnage. C’est une jeune femme, belle et riche qui nous est présentée qui, contre toute attente, refuse la demande en mariage d’un jeune homme à la situation confortable pour se marier avec un homme beaucoup plus âgé qu’elle et ecclésiastique. En somme et à la différence des autres héroïnes en vogue à l’époque, c’est une femme de lettres et de sciences qui recherche la connaissance et l’élévation au sein du couple plutôt que l’amour pur et sincère. J’ai trouvé ce portrait audacieux et pertinent. D’autant plus que tout ne passera pas comme prévu. Ainsi, cette dernière découvrira les joies mais surtout les peines de la vie maritale et devra composer avec afin d’évoluer au sein de cette ville fictive.
Ayant fortement aimé ce personnage, je dois bien admettre que les différents autres protagonistes présentés peuvent paraître bien pâles et maigres en comparaison. Néanmoins, j’ai malgré tout apprécié le personnage de Lydgate, ce docteur en avance sur son temps qui peinera à faire accepter sa vision de la médecine dans cette société assez puritaine et réfractaire au changement. J’ai aimé la détermination et la foi dont il fait preuve tout au long de ce roman. De plus et sans pouvoir tous les citer au vu de leur grand nombre, chaque rencontre est unique et malgré certains caractères assez sectaires, j’ai ressenti une certaine bienveillance.

Je ne connaissais pas George Eliot mais je peux affirmer être plus que satisfait d’avoir goûté à sa plume délicate et fortement agréable. J’ai adoré voguer à Middlemarch auprès de Dorothea, cette femme de lettres et de sciences, différente des héroïnes de l’époque, qui a su me séduire pour son altruisme et sa bonté d’âme.

8 commentaires sur “Middlemarch de George Eliot

    1. Je ne la connaissais pas et j’ai beaucoup aimé ce que j’ai lu, surtout l’héroïne différente des coutumes de l’époque. J’espère qu’il en sera de même pour toi.

      Aimé par 1 personne

  1. Décidément, tu me rappelles qu’il faut que je me remette sérieusement dans les classiques anglais. Je ne m’y connais que très peu. À part Shakespeare, quelques oeuvres de Wilde et une d’Elizabeth Gaskell, j’ai de sérieuses lacunes dans ce domaine.

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    1. Je te rassure je n’y connais pas plus que toi. J’ai découvert ces auteurs que depuis la sortie de la collection des Romans Eternels l’année dernière. Je pense n’avoir découvert qu’un dixième de pourcent de tous les classiques anglais existants 😉
      En tous les cas je serais plus que ravi de te lire !

      Aimé par 1 personne

  2. Oui c’est l’œuvre cuire de l’auteur. J’ai vu son adaptation mais pas forcément osé lire le roman vu le pavé. ce que tu dis sur le style ne me rassure pas lol

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    1. Du coup j’ai hâte de découvrir d’autres de ses œuvres pour comparer 😉
      Il faudrait aussi que je me fasse une petite listes de toutes les adaptations existantes de ces classiques que j’aimerais visionner ! Concernant le roman, c’est sur que c’est un pavé mais les parties concernant Dorothea m’ont vraiment convaincu.

      Aimé par 1 personne

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