Contemporaine·Coup de ♥·Historique

La Maison des Intentions Particulières de John Boyne

Note : ★★★★★ — Coup de ♥ — « Cette savoureuse lecture, dont je me suis délecté avec entrain et avidité, se situe entre la magnifique adaptation Anastasia et la pertinente biographie de Jean des Cars. John Boyne allie histoire et fiction avec finesse et offre un récit palpitant et poignant, rythmé d’un style efficace et d’une plume mélancolique à souhait qui ne m’aura pas épargné un seul instant. Ainsi, c’est le cœur lourd et serré que j’ai tourné la dernière page de cette incroyable et saisissante lecture. »

De Saint-Saint-Pétersbourg en 1917 à Londres de nos jours, la trajectoire tumultueuse de deux êtres unis par l’amour, les secrets, et la folie de l’Histoire.

Résumé :
Russie, 1915. Un acte de bravoure a fait passer en un instant le jeune Gueorgui de simple moujik à garde du corps du tsarévitch, le jeune Alexeï. Il quitte alors son petit village de Kachine et la rudesse du monde paysan pour les fastes du palais d’Hiver à Saint-Pétersbourg.
Désormais, son destin est lié à celui, tragique, des Romanov. C’est un nouveau monde qui s’ouvre à lui, côtoyant quotidiennement la famille du tsar et, surtout, la belle Anastasia.
Mais la révolution approche et va s’écrire dans le sang. Obligé de fuir, Gueorgui emportera avec lui bien plus que ses souvenirs de la Russie impériale…

Chronique :
Pour l’anecdote, ce roman devait faire partie de ma wishlist de Noël mais lorsque j’ai relu son alléchant résumé et à cause – ou grâce – à la limite des stocks disponibles ainsi que du fait de mon impatience légendaire, j’ai décidé de ne pas prendre de risque et de me l’offrir dès maintenant. Sans surprise et une fois lecture faite, je suis plus que content de ne pas avoir attendu et de posséder un tel trésor – synonyme de coup de cœur – dans ma bibliothèque.

Pourtant, lorsque j’ai débuté ma lecture et même si j’ai dès les premiers pages été complètement happé par l’histoire contée avec simplicité par John Boyne, je ne m’attendais pas à ressortir de cette lecture aussi triste que mélancolique et avec le cœur si lourd et piétiné. L’auteur m’a tout simplement fait vibrer et inconsciemment, je me suis totalement attaché aux personnages présentés dans cette œuvre dans laquelle j’y ai laissé un bout de moi. Il faut bien admettre que ce dernier détient un style accrocheur et totalement pertinent. Sans être des plus singulière, sa plume n’en est pas moins percutante et détient un je ne sais quoi des plus séduisant et émouvant à lire. C’est pourquoi, il m’a été difficile de lâcher ma lecture et de faire mes adieux à Zoïa et Gueorgui, ce couple aussi attachant qu’émouvant à découvrir et dont la vie n’aura pas été de tout repos. J’ai adoré détenir tous les tenants et les aboutissants de cette dernière et étonnamment, j’ai aimé les deux temporalités dévoilés. Quelle ne fût pas ma surprise de découvrir une telle construction et alors que je craignais de ne m’intéresser et de n’accrocher qu’à celle dédiée à la Russie d’antan ainsi qu’à cette autocratie portée par le dernier Tsar, Nicolas II, ce ne fût pas le cas. Finalement et qu’il s’agisse du passé ou du présent, chacune des histoires merveilleusement dessinées m’ont totalement charmé et convaincu. Mieux encore, les deux finissent par s’imbriquer avec une étroitesse et une symbiose remarquable et grandiose. Ainsi, John Boyne maîtrise avec brio et efficacité la construction de son œuvre qui se dévoile subtile à souhait et d’une finesse louable. C’est pourquoi, je me suis laissé porter par cette dernière et même si j’ai très rapidement découvert la finalité de cette dernière, je suis plus que comblé par celle-ci qui a le mérite de me laisser le cœur lourd, la gorge serrée et les larmes aux yeux.

Bien entendu et bien que basé sur des faits réels, ce roman est davantage une fiction qu’une authentique biographie de l’histoire des Romanov. Pour autant, l’auteur parvient à réaliser une intrigue plausible et palpitante à suivre. Ainsi, de l’arrivée du fermier Gueorgui au palais impérial, à la chute de cette impressionnante famille, j’ai été transporté corps et âmes dans un savoureux et délicieux mélange de réalisme et d’invention dans lequel la limite est si fine qu’elle en devient quasiment invisible. Cet exaltant et grisant sentiment – que j’avais déjà ressenti avec Le Journal Secret de Charlotte Brontë de Syrie James – me laisse à chaque fois stupéfait et admiratif du travail de l’auteur et totalement pantelant et bouleversé face à une telle réussite. A tel point que, pour mon plus grand plaisir, j’ai totalement perdu mes repères et je ne savais plus qui disait quoi, qui disait vrai. Ainsi, cette lecture m’a totalement emporté et littéralement subjugué. Je me suis laissé immerger par l’histoire de cette famille qui me passion toujours autant et qui laisse derrière elle bien des mystères dont John Boyne est parvenu à s’inspirer et combler avec simplicité mais non sans efficacité. Sa fiction se dessine et se dévoile presque réelle et authentique et n’a cessé de m’émerveiller. Cet émerveillement est avant tout dû à l’ambiance générale de La Maison des Intentions Particulières ainsi qu’à ses personnages. En effet, l’atmosphère de cette œuvre se dévoile d’une mélancolie pure et saisissante, à la limite de la tristesse. Tandis que ses personnages se démontrent des plus attachants et des plus empathiques. Malheureusement, je ne peux les détailler davantage pour ne rien dévoiler alors que j’ai tant de choses à en dire. Simplement, j’ai plus qu’adoré les suivre dans leur périple et découvrir, en même temps que ce bon et courageux Gueorgui,  l’envers ainsi que les coulisse de cette riche vie impériale. C’est pourquoi qu’il est totalement réducteur de présenter ce roman comme une simple romance du fait qu’il renferme beaucoup plus que que cela. L’auteur décortique et analyse, certes d’une manière brève et succincte, les us et coutumes de la Russie et plus précisément ce que fût la fin de la famille de Nicolas II et du règne des Tsars. Ce dernier offre ainsi un très large aperçu des enjeux politiques de cette époque tout en évoquant aussi tant d’autres sujets comme celui de la guerre et de ses conséquences sur la population ouvrière, par exemple. Cette lecture se dévoile ainsi aussi riche que divertissante à parcourir.

C’est simple et pour vous situer, cette savoureuse lecture, dont je me suis délecté avec entrain et avidité, se situe entre la magnifique adaptation Anastasia et la pertinente biographie de Jean des Cars. John Boyne allie histoire et fiction avec finesse et offre un récit palpitant et poignant, rythmé d’un style efficace et d’une plume mélancolique à souhait qui ne m’aura pas épargné un seul instant. Ainsi, c’est le cœur lourd et serré que j’ai tourné la dernière page de cet incroyable et saisissante lecture.

Cette lecture a été réalisée à l’occasion du Cold Winter Challenge 2021 : Menu Cocooning hivernal – Catégorie Bonhomme en pain d’épices.

23 commentaires sur “La Maison des Intentions Particulières de John Boyne

      1. Ça m’embête un peu de les enlever sachant que je les ai acheté et qu’ils me faisaient envie. Je préfère me concentrer sur ces derniers avant d’en acheter d’autres… Surtout que je sais que j’en aurai à Noël…

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      2. Je t’avoue que j’achète surtout de peur de ne me retrouver avec des romans introuvables comme Un Bucher sous la Neige par exemple mais je peux comprendre que tu sois raisonnable 😉

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  1. Cette lecture semble t’avoir comblé et en plus elle se révèle complémentaire à tes précédents lectures, tout en ajoutant une touche imaginaire 😊 En tout cas, a travers ta chronique, on sent que tu as vraiment aimer ce voyage !

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  2. Quel coup de coeur !
    Tu retranscris magnifiquement tout ce que ce roman a su te faire ressentir de touchant et mélancolique.
    Aimant moi aussi beaucoup l’histoire de cette famille et étant friande de coulisses, le titre va directement aller rejoindre ma wishlist voire ma PAL, je le crains 😁

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    1. Merci beaucoup. J’ai du me canaliser pour pas que tout parte dans tous les sens et que cette chronique reste un minimum structurée. C’est d’autant plus incroyable car ce coup de cœur n’a pas été immédiat et c’est lorsque j’ai fermé le livre et pense à mon avis que celui-ci fut indéniable tellement cette lecture m’a tout simplement marqué.
      Je suis bien content qu’elle te donne a tel point envie car c’est un roman vraiment remarquable qui me donne bien envie de continuer ma découverte de l’auteur !

      Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup du compliment ! Il n’est jamais aisé d’écrire à chaud quand j’ai un tel ressenti pour un roman. J’ai plus l’impression que cette chronique est peu structurée mais au moins elle est spontanée 😉

      J’ai déjà hâte de découvrir ton avis du coup !

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