Historique

La Falaise de la Repentie de Marie-Béatrice Gauvin

Note : ★★★★★ — « Avec La Falaise de la Repentie, Marie-Béatrice Gauvin m’a offert un voyage laissant un délicat parfum de sel ainsi qu’un délicieux goût de gourmandise derrière lui. Le tout saupoudré de sentiments ainsi que d’aventure,  bercés par une plume maîtrisée et élancée. Je ne regrette nullement cet exil partant du littoral jusqu’à la capitale où bien des secrets m’ont maintenu en haleine. »

Résumé :
Été 1747 : Camille Lemonnier, 15 ans, fille d’un meunier installé sur une île de la côte atlantique, se passionne pour la cuisine et les saveurs nouvelles mais peine à trouver sa place dans ce monde paysan où les femmes sont avant tout des épouses, alors qu’elle a bien d’autres rêves.
Ayant perdu sa mère trop tôt, elle trouve en Mme de Tencin, baronne de Ré et célèbre salonnière, un modèle féminin hors-norme qui développe son esprit d’indépendance. Quand la baronne l’invite quelques mois rue Saint-Honoré à Paris, c’est un apprentissage de tous les instants qui débute, à côtoyer Mme de Pompadour, d’Alembert, un maître boulanger du Palais-Royal ou ce bel Hollandais à la réputation sulfureuse. Camille découvre alors un siècle d’ombres et de Lumières où la quête initiale prend peu à peu la forme d’une recherche existentielle de liberté.

Chronique :
Avec son cadre côtier et idyllique, me rappelant mon enfance et mes vacances en famille en bord de mer, je ne pouvais passer à côté de ce roman. Ainsi et alors que je m’imaginais une douce et tendre lecture, j’étais bien loin de m’imaginer faire face à un vif roman initiatique, parfaitement mené et dressé d’une délicate plume.

Sans être d’une raffinerie extrême, j’ai trouvé le style de Marie-Béatrice Gauvin sophistiqué et immersif à souhait. Ainsi et malgré son épaisseur, ce roman m’a maintenu en haleine tout au long de ma lecture. J’ai très vite été séduit par la finesse et l’éloquence de la prose de cette dernière qui, pour un premier ouvrage, démontre toute sa maitrise ainsi que son talent. Non sans être alambiquée, la plume de l’auteur démontre un certain délicatesse et une vive sensibilité pour lesquelles j’ai été plus que réceptif et qui ne m’ont jamais quitté. Avec réalisme, Marie-Béatrice Gauvin m’a ouvert les portes d’un univers d’une alléchante richesse, offrant un véritable hommage à la vie insulaire et offrant une magnifique parenthèse et un doux moment d’évasion. J’ai adoré retrouvé les paysages caractéristiques des côtes et de leur littoral. Grâce à sa plume hautement visuelle, cette dernière dépeint de magnifiques tableaux propices aux voyages et à l’évasion. De magnifiques et chaleureuses images ainsi que de vives odeurs se sont naturellement imposées à moi et j’ai trouvé cela divin. D’autant plus qu’en plaçant son intrigue au siècle passé, j’ai adoré découvrir les us et coutumes de l’époque et cela grâce à l’incroyable maîtrise dont celle-ci fait preuve. Le travail de recherche se dévoile aussi riche et dense que l’intrigue. Ainsi, du vocabulaire utilisé aux tournures des phrases, tout est parfaitement mené et la retranscription dévoilée par l’auteure se démontre d’un réalisme et d’une fidélité concrets. Ce pragmatisme se dévoile bien davantage encore lorsque l’intrigue se déplace dans les ruelles de Paris. Bien que déroutant au premier abord, la représentation de ce cadre de vie m’a tout aussi séduit que la précédente. Pourtant, je ne m’attendais pas à autant apprécier découvrir ce que pouvait cacher l’un des salon les plus en vogue du moment, celui détenu par la baronne de l’île de Ré, Mme de Tencin. Mon enthousiasme provient du fait que Marie-Béatrice Gauvin s’offre le luxe d’allier fiction et histoire et le réalise avec réussite et brio. Ne connaissant que très peu de choses de ce siècle, le résultat se veut intriguant pertinent à souhait. Je me suis imprégné de la vie mondaine de l’époque avec intérêt et découvrir le quotidien tumultueux de cette noblesse m’a plus que diverti. En effet, ce roman est bien loin d’être un long fleuve tranquille comme le laisseraient prétendre son doux résumé et sa délicieuse couverture. Ainsi, j’ai été immergé dans un efficace tourbillon de péripéties à ne plus en finir et rappelant parfois la violence des vagues de l’océan. Entre jalousie et rivalité, l’auteure offre une croustillante chronique des mœurs sociales dans laquelle j’ai adoré voguer et dont la finalité m’a plus que surpris.

C’est à travers son héroïne, Camille, que cette dernière parvient à réaliser cette aguicheuse peinture. A plus forte raison que les deux mondes dans lesquels évolue notre jeune femme s’opposent totalement et ce contraste se veut aussi déroutant pour cette dernière qu’il l’a été pour moi. En réalisant ce voyage en compagnie de ce personnage, il m’a été impossible de ne pas m’attacher. C’est pourquoi, j’ai pris énormément de plaisir à découvrir la femme qu’allait devenir Camille. En effet et grâce à sa bonne fée, Mme de Tencin, cette dernière quittera son île en faveur de la capitale où ses rêves de liberté et d’émancipation seront à sa porte. Sa soif d’indépendance et son fort caractère lui causeront bien du tord du fait de son sexe et de ses origines mais, pour autant et malgré la faiblesse de sa condition dictée par les hommes, Camille fera preuve d’abnégation et ne renoncera jamais face aux difficultés. A tel point que ce courage lui attisera bien des passions mais aussi bien des fougues. C’est pourquoi, la suivre dans son élévation m’a beaucoup plu et malgré certains caprices bien vite pardonnés grâce à son âge et son innocence, j’ai été plus que sensible à sa fine construction. Tout comme j’ai adoré découvrir Mme de Tencin, cette fière et forte femme qui a du et su s’imposer au fil de son existence dans un monde sexiste et patriarcal. D’autant plus que derrière cette réussite sociale se cache un personnage sensible et profond dont la bonté et l’altruisme se veulent extrêmement touchants. Bien que complexe par moments, la relation qu’elle entretient avec Camille est d’une pureté et d’une bienveillance saisissante et émouvante. Celle-ci se devine à elle seule l’image maternelle de cette dernière et cet étroit et intime lien m’a plus que convaincu. Mieux encore, l’amour passionnel rythme aussi allègrement la quête initiatique de Camille et suivre ses coups de cœur ainsi que ses états d’âmes m’a aussi fortement diverti malgré certaines directions assez douteuses dans le traitement apportées par Marie-Béatrice Gauvin. quant à la dimension romantique de son œuvre. En ce sens, je n’ai pas plus apprécié que cela le vil et séducteur hollandais, Jan. J’ai d’ailleurs bien plus apprécié la maturité de Gaspard son tendre ami d’enfance. Enfin et comme je le disais précédemment, l’auteure témoigne toute l’étendue et la maîtrise de la partie historique de son roman en dévoilant d’autres grandes figures du siècle telles que Mme de Pompadour par exemple. Je ne peux juger de l’authenticité de ces personnalités mais je peux affirmer avoir pris plaisir à les rencontrer au cours de cette fresque sociale.

Pour conclure, avec La Falaise de la Repentie, Marie-Béatrice Gauvin m’a offert un voyage laissant un délicat parfum de sel ainsi qu’un délicieux goût de gourmandise derrière lui. Le tout saupoudré de sentiments ainsi que d’aventure, bercés par une plume maîtrisée et élancée. Je ne regrette nullement cet exil partant du littoral jusqu’à la capitale où bien des secrets m’ont maintenu en haleine.

Cette lecture a été réalisée à l’occasion du Challenge Cottagecore – 2022 : Menu Rêveries au bord de l’eau / Méfiez-vous de l’eau qui dort.

10 commentaires sur “La Falaise de la Repentie de Marie-Béatrice Gauvin

    1. J’en suis ravi ! Marie-Béatrice Gauvin livre un premier roman riche d’évasion mais aussi de passion et de sentiments ! J’ai vraiment été complètement immergé par ce récite et j’espère que celle-ci a encore quelques histoires à nous dévoiler.

      Aimé par 1 personne

  1. On te sent plus que conquis et j’avoue que ça donne envie. La plume a l’air délicieusement évocatrice et j’aime l’idée de retrouver certaines figures historiques ainsi qu’un amour passionnel. Quant à la couverture, elle est très belle !

    J’aime

    1. Conquis c’est le mot et je ne m’attendais pas à être autant immergé par ce délicieux roman.
      J’ai vraiment adoré redécouvrir la région de mes vacances ainsi que la vie parisienne d’antan. Pour un premier roman, Marie-Beatrice frappe fort !

      Aimé par 1 personne

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