Classique

La Renarde de Mary Webb

Note : ★★★★★ — « Avec sa plume exigeante mais néanmoins poétique et mélancolique à souhait, Mary Webb nous conte le destin d’une jeune femme farouche que bien des hommes tenteront d’apprivoiser et qui devront rivaliser face à l’appel de la nature, faisant de ce roman un véritable hommage à la beauté de cette dernière. J’ai été plus que sensible à cette poignante dimension qui m’aura fait voyager dans de chaleureux paysages. »

Résumé :
Comme un conte, imprégné de mystérieuses légendes et de nature frémissante, se déroule la tragique histoire de Hazel, la fille des bois, sauvage et libre comme la petite renarde sa compagne,, qui ne découvre l’homme que pour lutter contre sa convoitise. Échappant à Reddin dont les instincts chasseurs la révoltent, elle va vers celui qui lui offre un refuge – le Pasteur, qui l’épouse pour la sauver. – Mais la nature est impérieuse, et Hazel ne résiste s a celui qui l’appelle, « comme le pluvier ou temps pas nids… »
Comprenant son erreur et sa faute, elle s’enfuit à nouveau vers son véritable ami. Mais les « signes » sont contre elle; la « Meute de la Mort » semble la poursuivre lorsque les chiens s’acharnent sur la piste de la renarde, et toutes deux se précipitent vers la mort qui les sauve.

Chronique :
Je ne sais plus exactement comment je suis tombé sur cette œuvre mais je me rappelle que celle-ci m’a très vite attiré grâce à son titre et sa couverture qui m’ont laissé présager la rencontre d’une héroïne quelque peu malicieuse voir espiègle, à l’image de celle du renard. Et alors que le ton de cette œuvre se dévoile bien loin d’être enjoué, j’avoue avoir pris un immense plaisir à faire la connaissance d’une héroïne touchante, rêvant seulement de liberté et d’indépendance.

Il faut dire que la relation qu’entretient Hazel, jeune païenne orpheline de mère avec sa renarde apprivoisée, Narde m’a fortement touché grâce à sa puissante dimension métaphorique. Cette dernière a fait écho en moi d’une vive manière et j’ai adoré que celle-ci se dessine l’une des principale source de la soif du grand air et de l’amour pour la nature de notre héroïne. J’ai aussi eu l’impression que la Narde se démontrait être une certaine prolongation de la personnalité d’Hazel et  que cela apportait une dimension mystique et contemplative, séduisantes et fortes agréables à découvrir. D’autant plus que Mary Webb fait le choix de placer son action dans l’Angleterre rurale d’antan et cette exode au sein de cette luxurieuse et abondante campagne m’a offert de douces et chaleureuses images. L’auteure ne cesse de dessiner et sublimer la nature et dresse une merveilleuse ode à la nature et sa toute puissance. Chaque mot, chaque métaphore sont choisis avec soin et lui permettent d’évoquer avec respect les terres qui entourent l’être humain depuis la nuit des temps. Il y avait bien longtemps qu’une plume ne m’avait pas autant embarqué dans un univers aussi tangible et onirique à la fois. Pourtant, il faut bien admettre que les premiers chapitres ont eu quelques difficultés à me convaincre tant le style de Mary Webb se veut d’une ambition folle et d’une réelle exigence.

Cependant, derrière ses apparences alambiquées et son style enlevé s’est révélée une véritable poésie offrant à La Renarde une dimension émotionnelle poignante et émouvante. Avec finesse et sensibilité, l’auteure peint une douce chronique des mœurs sociales de l’époque et conte avec charme et intérêt une intrigue aux allures dramatiques rappelant les sombres récits des plus grands tels que Thomas Hardy. Ainsi, j’ai adoré voguer auprès de notre jeune sauvageonne qui fera bien tourner des têtes sur son passage. Sa fierté et son indépendance font son éloquence et ne cesseront de briller. S’en suivront alors un envoûtant et profond bal des cœurs entre Hazel et ses nouveaux prétendants que tout oppose à la nature dont son cœur semble à jamais lié. Cependant et bien que j’ai apprécié cette dramatique et romantique aspect, j’avoue que j’ai trouvé le résultat parfois bien trop cadrer. Ainsi les deux amants se dévoilent bon pour l’un et mauvais pour l’autre et j’aurais apprécier retrouver davantage de nuances dans leur construction. Néanmoins, aucun des nombreux protagonistes dévoilés ne manque de profondeur et permette à Mary Webb d’offrir et une juste et caustique critique de la société à la finalité des plus mélancolique.

Avec sa plume exigeante mais néanmoins poétique et mélancolique à souhait, Mary Webb nous conte le destin d’une jeune femme farouche que bien des hommes tenteront d’apprivoiser et qui devront rivaliser face à l’appel de la nature, faisant de ce roman un véritable hommage à la beauté de cette dernière. J’ai été plus que sensible à cette poignante dimension qui m’aura fait voyager dans de chaleureux paysages.

Cette lecture a été réalisée à l’occasion du Blossom Spring Challenge – 2022 : Menu Escapade printanière – Catégorie L’éveil de la nature.

Cette lecture a été réalisée à l’occasion du Challenge Cottagecore – 2022 : Menu Promenons-nous dans les bois.

14 commentaires sur “La Renarde de Mary Webb

    1. La Renarde est un classique ne semble pas des plus populaire mais qui mérite pourtant qu’on s’attarde dessus. J’ai adoré l’univers, les personnages ainsi que la plume de l’auteure.

      Aimé par 1 personne

  1. Il a l’air d’offrir une belle ode à la nature ce roman que je ne connaissais pas. En grand amoureuse des animaux, la mention d’une renarde accompagnant l’héroïne ne peut que titiller ma curiosité…

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